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"A défaut de comprendre qui nous sommes et d'où nous venons, je ne pense pas que nous puissions réellement progresser " Louis B. Leakey

lundi 19 juin 2017

Les contes de Solman : à travers la Maison IV - De l'émotionnel rêvé...




Notre petit héros continue son voyage à travers les maisons astrologiques. Après avoir découvert et traversé les trois premières maisons du premier quadrant, le voici qui aborde le deuxième quadrant en entrant dans la Maison IV, qu'on dénomme également Fond du Ciel.

Le Fond du Ciel c'est la nadir du thème, en opposition à la Maison X ou  Milieu du Ciel qui représente le zénith. Elle est en analogie avec le signe du Cancer et la Lune.

Ce secteur du thème symbolise nos origines familiales, notre foyer, là où on nait (n'est - être), notre hérédité, les bases de notre personnalité, son centre, la vie intérieure de l'être, la racine de ses intuitions, de ses sentiments, de ses fantaisies et rêves, de ses désirs subconscients. Elle représente également la patrie, notre passé, nos souvenirs, mais aussi nos propriétés immobilières.
C'est en IV que nous construisons nos propres assises, que nous nous ancrons. Pour nous élever vers le Milieu du Ciel, c'est en IV que doit s'établir le sentiment de notre identité, sinon rien de solide ni d'authentique ne pourra se construire.
C'est en creusant en nous-même que nous trouvons la clé de notre identité, celle de la sécurité et de la stabilité.

Au Fond du Ciel nous naissons en tant que sujets autonomes.

(source : Les parents dans le thème de naissance. Ciel mes aïeux. Eric Berrut. Les éditions de Janus)



De l'émotionnel rêvé...


Je : Quelle horreur !

De l'eau se déverse lentement sous son regard médusé. Il sent une douleur intense le traverser en partant de ses pieds, l'impression d'une multitude de coups de poignards le perforant de bas en haut. Il recule et cherche un moyen de se mettre à l'abri en se perchant sur quelque chose.
Mais quoi ? Tout dans la pièce III n'est que bois ou papiers ou encore cartons ; tout ce que « Je » peut brûler de par sa nature.

La peur le saisit et il constate qu'il n'est pas le seul. Les papillons de papier volent sur les étagères en s'entassant pour éviter le contact de l'eau. « Je » recule encore. Le mince filet d'eau continue de se frayer un chemin jusqu'à lui, comme attiré. « Je » commence à se tétaniser.

Je : Ne pas céder à la panique ! Ne pas céder à la panique !

Mais il ne peut plus se raisonner, l'angoisse est trop forte. Après la pièce III, la pièce IV semble pire ! Est-ce que cela va être de plus en plus difficile ? Combien y a t-il de pièces encore ? Est-ce qu'à la fin du voyage, « Je » aura encore une chance de survivre ?...

Je : Ne pas penser à cela ! Non, ne pas réfléchir aux obstacles, les franchir !

Il recule encore et regarde la porte IV impuissant. Comment va-t-il faire ? Les papiers autour de lui semblent se calmer, est-ce un signe ? Non, l'eau continue d'approcher et bientôt elle montera, elle grignotera « Je » lentement et il sera tué dans d'atroces souffrances. Son regard se pose machinalement de la porte à ses pieds, de ses pieds à la porte pour calculer le débit de l'eau, ses chances de survie.

Il remarque près de la porte, deux leviers. Des leviers ?

Je : Cela doit agir sur quelque chose ! Aïe !

Trop concentré sur ce que peuvent bien être ces deux manettes, « Je » oublie de reculer tandis que l'eau s'attaque à son pied gauche. Pris d'une soudaine folie, il se précipite sur un des leviers en hurlant de douleur. Même les papiers autour de lui s'affolent et voltigent en protestation de son inconscience.
Lorsqu'il arrive près du premier levier un doute l'envahit et comme la peur est un sentiment contagieux les papillons s'agitent avec frénésie autour de lui. Et si en l'actionnant il faisait couler l'eau beaucoup plus fort ? Est-ce un risque à prendre ? Aller droit à la mort ? Peut-être même qu'un levier fait cesser l'eau et l'autre la déverse plus vite ? Dilemme.
Il a mal aux pieds, il sent qu'il tombe malade. Sa vitalité le quittera tant qu'il ne prendra pas de décision. Il n'a plus le choix, il faut se décider, actionner un levier, n'importe lequel. Il tente sa chance avec le plus proche de lui. Un bruit sourd accompagne son geste, son cœur raisonne dans sa poitrine. Est-ce la fin ? Il pleure.

Le sol se met à trembler et de minuscules pierres apparaissent à ses pieds tout autour de lui. Elles le portent et le mettent à l'abri. La douleur est moins vive, « Je » prend une profonde respiration de soulagement. Il est en vie et il se reconstitue vite. Sa vitalité revient, moment de répit. Les papillons le ramènent à la réalité en piaillant du haut de leurs perchoirs de fortune. Rien n'a changé, l'eau se déverse continuellement et l'affolement est toujours présent. « Je » pense qu'il faudra qu'il ferme la porte dès qu'il aura réussi à rentrer dans la pièce IV pour préserver la III. Il regarde le deuxième levier, est-ce que celui-ci est dangereux ? Il observe les papillons et se décide à actionner le levier un peu par curiosité.

Je : Triste curiosité...

Si cela doit anéantir la chance qu'il a eu avec le premier. Mais au point où il en est, ça ne pourrait pas être pire (une inconscience et une contradiction de plus dans son esprit) et il tire vers lui la manette.
Se décroche du dormant de la porte IV un énorme scaphandre en lave qui tombe lamentablement dans l'eau près de lui. Les éclaboussures se font ressentir comme une mauvaise rencontre avec un nid de guêpes.

Je : Quel idiot !

Mais, « Je » n'a tué personne !...

Je : Enfin, pas encore !

Il sourit, il sait maintenant que sa volonté est forte et qu'elle le mènera loin en avant : être volontaire sera dorénavant sa devise. Il prend ce merveilleux cadeau qu'est la combinaison et l'enfile avec difficulté.

Je : Où sont les bras, les jambes ?

Il s'y reprend à trois fois et finalement arrive à se protéger de l'humidité ambiante. Il fait coulisser la fermeture éclair. Il revit, sa chaleur naturelle est protégée et l'alimente dans ce scaphandre étanche. Il regarde les oiseaux de papier et leur fait un sourire, ils vont bientôt être libérés eux aussi de la menace de l'eau. Il franchit la porte et revient vite en arrière (éviter de perdre du temps inutilement afin de sauvegarder ces petits trésors de la pièce III).
Grâce au hublot de sa combinaison, il entrevoit la porte se transformer en une cascade géante d'un merveilleux bleu clair. Petit moment de panique sur le sort des papillons, puis « Je » constate qu'au pied de cette cascade un énorme trou avale le surplus d'eau. Plus aucun filet d'eau ne se déverse dans la pièce III, les papillons sont saufs. Il est définitivement rassuré sur leur sort, inutile de chercher le moyen de fermer la porte, il continue d'avancer.

La pièce IV ressemble à une immense caverne. De l'eau coule le long de parois rocheuses et se fraye un chemin au milieu d'un circuit qu'elle a visiblement elle-même creusé sur ces pierres. Il fait sombre, tout autour de lui est dans la pénombre. Il regarde le plafond et voit des milliers de petits points lumineux tapisser ce noir profond. Il saute pour les atteindre mais n'y parvient pas, la hauteur du sol au plafond est considérable. Le spectacle est tellement beau qu'il souhaite se poser quelque part et le contempler. Il marche vers un rocher qui lui semble convenir pour une petite observation. Non sans difficulté de par son accoutrement, il parvient à s'asseoir et lève les yeux vers le plafond ; contemplation. « Je » constate que certaines lumières sont plus brillantes que d'autres, qu'elles semblent plus loin ou plus proches de lui, qu'il y en a tant qu'il a un sentiment de vertige. Il ressent, malgré toute l'hostilité de l'eau pour sa nature, un sentiment de sécurité ; sérénité.

Je : Apaisant cet endroit malgré tout...

Mais quelle leçon doit-il en tirer ? Pour le moment, il ne voit pas ce qu'il pourrait bien dire à la voix et puis il se pose des questions sur la prochaine pièce qui pourrait être pire que celle-ci.

Je : Je garderai la combinaison sur moi !

Pour le moment, un besoin de se reposer se fait fortement sentir et sans s'en apercevoir, « Je » se met à fermer les yeux et tombe dans un profond sommeil.
Il court, saute, il a peur, il est nu et une tonne d'eau se déverse sur lui. Il va mourir ! Sursaut.
« Je » se réveille terrifié.

Je : L'eau ! De l'eau ! Où est-elle ?

Il se touche pour vérifier sa combinaison, il n'est pas nu. Mais d'où viennent les images dans sa tête ?

Je : Où suis-je déjà ? Ah oui ! Pièce IV, l'eau, la caverne, la difficulté.

Il reprend ses esprits et baille. Curieuse sensation que ces images irréelles ! A ses pieds, l'eau caresse la combinaison et il ne peut s'empêcher dans un premier temps de mettre ses jambes en hauteur. Puis, il les repose et observe le va-et-vient des clapotis sur ses pieds. Il tente d'en immerger un et de le poser sur le sol sous l'eau, sans succès. Ça a l'air trop profond.

Je : Que se passerait-il si je glissais ?

Aussitôt pensé, le rocher se met à basculer, poussant « Je » et son scaphandre dans la petite rivière.
« Je » s'affole ; adrénaline. L'eau n'est pas son élément, il ne sait pas comment faire pour sortir. Il tente d'attraper un caillou pour se maintenir hors de l'eau mais il ne parvient qu'à l'arracher de son socle. La roche dans ses mains ne lui est d'aucune utilité, il la jette et maudit cette combinaison qui l'empêche d'être maître de ses mouvements ; colère, rancœur. Il coule, le voilà dans le fond de la mare, seul, sans aucun moyen de remonter ; tristesse. Les images dans sa tête se sont réalisées, il est perdu. Au fond de l'eau, apparaît une lumière ; espoir.

Je : Rester volontaire !

C'est sa nouvelle devise, non ? Il se met en marche mais l'eau et la combinaison le freinent et il lui semble qu'une éternité s'est écoulée avant qu'il n'atteigne la lumière. Sous celle-ci, un mécanisme.

Je : Encore un levier ?!

Décidément, plus « Je » avance dans sa quête, plus il constate que les pièces sont élaborées et que les leçons sont de plus en plus difficiles à apprendre vu la présence de ces machines. Un peu par dépit, il tire le levier et l'eau s'abaisse autour de lui, il revoit la surface, il peut grimper à nouveau sur les rochers en faisant bien attention à ne pas glisser et ne pas casser sa trop précieuse combinaison. Que d'émotions dans cette nouvelle pièce où le danger est partout ! Il se rappelle les pièces précédentes moins difficiles pour lui ; nostalgie.

Il se remet sur un nouveau perchoir et remarque que sa petite aventure dans le fond de l'eau a changé la disposition de la pièce. Si dans son ensemble, le paysage reste celui d'une caverne, voilà qu'apparaît une cheminée.

En son foyer, le feu n'est pas très puissant mais il est néanmoins rassurant pour « Je ». Il peut ouvrir légèrement sa combinaison pour enfin respirer l'air de cette pièce. Un peu de chaleur lui est utile car sa protection est bien fraîche par son séjour dans l'eau ; léger confort.
Il voit sur le haut de la cheminée des dizaines et dizaines de portraits : grands, petits, carrés ou même ovales, ils sont tous accrochés sur le mur de pierre. Il lit les inscriptions sous chacun d'entre eux. Sur l'un est inscrit :

Soleil 10510 - Naissance : 06/11/1927, Mort : 10/02/1984

et à côté de lui,

Soleil 10511 - Naissance : 19/04/1942, Mort : 27/12/2002

En dessous, un cadre vide avec la mention

Soleil 10512 - Naissance : 03/12/1974, Mort : inconnue

Il regarde alors les cadres précédents. Au dessus du cadre du Soleil 10511, il constate la présence de deux autres cadres marqués Soleil 10508 et Soleil 10509 avec leurs dates de naissance et de mort respectives. Il ne peut s'empêcher alors de remonter plus haut et comprend assez rapidement : deux cadres égal deux soleils qui s'additionnent et donnent un cadre égal un soleil. Au sommet de la cheminée, très proche du plafond, il discerne les mots : Arbre généalogique de Soleil 10512.



Je : Mais qu'est-ce que c'est généalogique ?

Comme si la pièce lisait dans ses pensées, le mot généalogique se change en familial. « Je » reste dubitatif, ça ne l'arrange pas du tout. Il ne sait pas ce que signifie familial non plus. Alors pour finir de l'aider, dans le cadre marqué Soleil 10512, apparaît une image.
« Je » est pétrifié : son image apparaît devant ses yeux, l'image qu'il a pu contempler dans la pièce I, ce « Moi », sa leçon de la I. Il saisit le cadre et se contemple. Il regarde à nouveau les deux cadres au-dessus de lui, les dates de décès se sont effacées, il ne s'en souvient pas. Il cherche dans sa mémoire mais il se dit que si la pièce a effacé ces signes, c'est qu'elle ne voulait pas qu'il s'en rappelle. Intuitivement, il se met à pleurer. Il veut connaître ces deux soleils et aussi ceux qui sont dans les cadres au-dessus, ces soleils sont importants pour lui, il le sent. Ces soleils sont à l'origine de lui, il le sait, comme une émotion diffuse, il sait que son chemin est lié aux leurs.

Je : Familial, c'est sans doute cela !

Des soleils plus grands que lui qui vont l'éduquer, lui montrer la voie, le chemin à prendre, un cocon doux et serein, une protection comme sa combinaison. Il repose le cadre le représentant lorsque la porte V apparaît et la voix prononce la phrase tant redoutée quelques minutes auparavant.

« Je » fait le point : un foyer, une famille, la sécurité, la sérénité, la nostalgie, l'angoisse, l'imagination, la plénitude et une multitude d'autres émotions dans cette pièce. Des émotions qui ont pour but de le rapprocher de sa véritable nature, des émotions qui lui ont permis de comprendre sa devise de volonté, des émotions qui lui ont révélé son monde intérieur et ses origines.

Il se permet alors la réponse :

Je : Je sens, je ressens !

La voix le félicite et ouvre la porte. Une immense sensation de chaleur traverse toute la pièce. « Je » se permet alors une question :

Je : Est-ce que je suis moi aussi un Soleil ?

La voix ne prononce que ces mots :

- Entre Soleil, ta quête continue.

Soleil ôte son scaphandre sans se soucier de la vapeur produite par le rayonnement de la nouvelle pièce sur l'eau de la pièce IV, il jette un dernier coup d'œil sur les deux cadres le précédant en photo et rentre dans la lumière avec un sentiment d'accomplissement. Il a traversé le plus dur.




Les contes de Solman :
A travers la Maison I - De l'éveil solitaire... 
A travers la Maison II - De l'acquisition partielle...
A travers la Maison III - De l'idée neuve...
A travers la Maison IV - De l'émotionnel rêvé...

© Tous droits réservés - Estelle Galliot pour le texte
Reproduction totale ou partielle interdite sans autorisation écrite de l’auteur.
http://astropassionnement.blogspot.fr/ 

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lundi 12 juin 2017

Les contes de Solman : à travers la Maison III - De l'idée neuve...



Voici la suite des contes de Solman. Le petit bonhomme qui représente le Soleil dans notre thème, s'en va maintenant à l"exploration de la Maison III.
Que va-t-il découvrir ? Qui va-t-il rencontrer ? Va t-il réussir à poursuivre l'aventure ?

La Maison III dans le thème est le secteur qui symbolise notre entourage proche, la fratrie, mais aussi les échanges, les contacts, les mouvements et les petits déplacements. Il est en analogie avec la planète Mercure et le signe des Gémeaux. C'est dans ce secteur que nous développons nos capacités intellectuelles, cherchons à communiquer avec les autres et à explorer notre environnement.

Estelle Galliot nous plonge une nouvelle fois dans ce récit passionnant et dans l'ambiance de la Maison III.


De l'idée neuve...

« Je » sait maintenant comment les choses fonctionnent. Il se retourne et franchit la porte en sens inverse : la porte III s'est bien réveillée à son entrée. De petits tuyaux émergent sur les contours du battant et une légère brise s'en échappe. Il pose sa main sur ces tubes en acier et voit celle-ci se déformer. Il la ramène vers lui immédiatement dans un sursaut de panique. Sa main se reforme, il est soulagé et souhaite réitérer l'expérience. Il approche sa main de nouveau, des petites flammes volent et dansent.

Je : J'aime bien, c'est vivifiant !

Il constate également que la porte est devenue blanche crème. Toutefois, malgré les indices qui lui font penser à une pièce calme, lorsqu'il regarde à ses pieds les petits tas de cendre, il sait qu'il va devoir faire attention s'il ne veut pas que cette troisième pièce parte en fumée. Il lui faut avancer doucement pour ne pas détruire le contenu de celle-ci et ainsi ruiner ses chances de continuer son aventure. Il se décide à entrer tout doucement.

La pièce est grande et fourmille de papiers. Il y en a partout, entassés sur le sol, scotchés sur les murs, alignés dans les étagères et des colonnes s'élèvent jusqu'au plafond.

Je : Il va être difficile de rester dans cette pièce sans faire de bêtises !

De plus, une légère brise, récemment apparue, semble être un handicap : « Je » voit ainsi voler toutes sortes de papiers ; des roses, des jaunes, des bleus ou encore des vierges, des froissés, des lisses avec des inscriptions. Tout un arc-en-ciel danse aléatoirement autour de lui. Il lève les yeux au ciel et se tape le front de sa main.

Je : Quelle galère !

Tout à coup, la porte III claque avec une force telle, que les papiers voltigent dans sa direction.

« Je » panique : s'il reste sur place, il va tout brûler, s'il les évite, il risque de faire une bêtise dans la précipitation et d'obtenir exactement le même résultat. Il reste immobile mais les papiers continuent de foncer sur lui. Dans quelques secondes, il risque de tout brûler, il ne restera que de la cendre. Les papiers sont très proches de lui et « Je » voit que certains commencent à brunir.

Je : Ça y est ! C'est fini, je vais faire un carnage...

Toutes ses chances de traverser les prochaines pièces vont s'éteindre et il restera prisonnier au milieu d'un tas de cendres. Très vite résigné, il ferme les yeux lorsqu'il voit tous ses efforts précédents s'évanouir : le premier papier s'enflamme.
Mais, à sa grande surprise, les autres papiers, comme par enchantement, se plient en deux et se déplient. Ils se transforment très rapidement en des papillons ou oiseaux s'aidant ainsi de l'air pour léviter, voler, danser et échapper aux flammes de « Je ».

Avec soulagement, « Je » éclate de rire. Profondément rassuré, le premier papier ayant certainement donné l'alarme aux autres, « Je » regarde cet étrange spectacle de papillons de différentes couleurs se poser sur les étagères, se rassembler sur le sol puis lorsqu'il décide d'avancer vers eux, partir dans des directions opposées et se rassembler de nouveau, dans un coin en sécurité.

A ce moment, une sonnerie retentit, faisant cesser ce petit jeu entre « Je » et les papiers. Elle vient d'un bureau où trônent encore des tonnes de feuilles et où se trouvent des petites tiges en bois à bout gris.

Je : Quel vacarme !

« Je » décide d'en finir au plus vite avec ce bruit insupportable lui cassant les tympans. Il court vers le bureau, les papillons s'envolent, emportant avec eux les crayons qui se faufilent dans la pliure. « Je » peut alors apercevoir que l'objet qui fait ce bruit immense est assez petit, noir et son sommet vibre au dessus d'une base plus stable. Il avance son bras pour saisir le toit de l'objet. C'est une très mauvaise idée : il fond tout doucement dans ses mains.

Je : Bon ! Eviter cette matière la prochaine fois...

« Je » tente de reposer l'objet mais celui-ci reste collé. Il va devoir attendre que sa chaleur naturelle vienne à bout de ce liquide gluant. Il constate néanmoins que le bruit a cessé et s'en félicite. Mais, à cet instant, certains objets et meubles font leur apparition et s'allument dans un fracas du tonnerre. Une boîte d'où sortent des feuilles de papier avec des inscriptions, une autre boîte avec des images et du son (il croit comprendre qu'il fait beau à Miami), une autre boîte faisant une sorte de chuintement avec à ses côtés un petit tableau composé de touches estampillées de plusieurs symboles incompréhensibles (A Z E R T Y). Dans ce brouhaha immense, de gros tas de papiers reliés à des couvertures cartonnées se rangent dans les étagères, se plient, se déplient. Un autre objet sonne.

Je : Oh non, il y en a encore un autre ?

« Je » a mal à la tête, il souhaiterait que cela s'arrête. Il se sent impuissant face à tout ce bazar. Dépité, il ne fait plus rien, lorsque le vacarme s'arrête, comme par magie, pour laisser un minuscule petit bruit parvenir à ses oreilles.



- Allo ? Allo... Il y a quelqu'un ?

Interloqué, « Je » se dirige vers cette voix et remarque que celle-ci vient du socle de l'objet qu'il a malencontreusement fait fondre deux minutes auparavant.

- Allo ? ... Vous répondez oui ?

« Je » se décide à répondre tout en restant à bonne distance, évitant ainsi de faire entièrement fondre le morceau restant de l'objet qui parle.

Je : Euh... Oui ! Il y a moi. Euh... Vous m'entendez ?

- Oui, je vous entends. Et bien, il était temps ! Je m'impatientais !

Je : Euh... Excusez-moi. Je ne sais pas trop comment ça marche ici ?! Désolé.

- Ce n'est pas grave. On apprend tous, vous savez !... Moi j'ai trouvé tout de suite comment cela fonctionnait ici. Qui êtes-vous ?

Je : Je suis « Moi » enfin je veux dire « Je »

- Non, c'est moi « Je »

Je : Hein ?

- Bien oui ! C'est moi « Je », moi c'est « Moi », je suis « Je » !

Je : Sauf votre respect, c'est moi « Moi » et donc je suis « Je » !

- Vous faites le malin à ce que je vois !...

Je : Mais pas du tout, puisque je vous dis que c'est moi « Je ».

Soupirs de l'autre, « Je » ne comprend rien. Silence… A l'autre bout de l'appareil, l'autre reprend :

- Dites moi, il me vient une idée. Est ce que vous êtes dans une pièce pleine de papiers ?

Je : Euh oui, oui, c'est bien ça. Vous aussi ?

- Pas avec vous visiblement, mais dans le même genre de pièce, oui. C'est la troisième que je fais. Et vous ?

« Je » reprend espoir, visiblement l'autre, qui pense s'appeler « Je » aussi, fait les mêmes expériences que lui.

Je : Pareil, c'est ma troisième, la première j'ai appris que j'étais « Je » et la deuxième que je possède des choses donc « J'ai ». Et vous ?

Cris de joie de l'autre côté.

- Oui pareil. J'ai pris mon petit sac fait dans une bulle d'air dans la deuxième pièce et j'y ai mis un crayon, du papier, un livre, et j'y mettrai le téléphone avec lequel je vous appelle.

Je : Un téléphone ? C'est ça que j'ai fait fondre ?!

- Vous faites fondre les téléphones ? Quelle curieuse occupation !

Je : Je n'ai pas fait exprès. C'est du plastique et moi visiblement le plastique ne me réussit pas.

- Ah bon ?! Moi c'est la première pièce qui a failli ne pas me réussir. Je me suis un peu trop regardé sans bien comprendre. Faut dire, j'étais pareil mais,..., pas pareil.

Je : Pardon ?

« Je » ne comprend décidément pas ce que l'autre lui raconte. Quel étrange personnage se dit-il intérieurement.

- Euh oui bon, laissez tomber, trop long à expliquer. Mais alors qu'est ce qui vous réussit ?

Je : L'essence et l'oxygène par exemple. Et puis le verre, je peux le saisir, le bois, en revanche, j'ai plus de mal mais j'adore au goût. Disons que je dois le manger très vite...

- Oh, vous n'êtes pas comme moi alors !

Silence.

- Bon, ce n'est pas que je m'ennuie mais je dois faire mes petites expériences avec mon téléphone.

Je : Ah bon ? Vous pouvez utiliser vous-même ce téléphone, comme vous dites ?

- Oui c'est mon dada, ma passion, j'adore ça. Je vous l'expliquerai bien pendant des heures mais la porte IV est déjà ouverte pour moi et je dois continuer à avancer.

Je : La porte IV est ouverte pour vous ?

« Je » regarde dans sa propre pièce et constate que sa porte IV n'est toujours pas apparue.

Je : Euh... Comment avez-vous fait ?

- Hum... Ce n'est pas un peu de la triche ce que vous me demandez, de vous révéler comment on ouvre la prochaine porte ?

« Je » se sent un peu honteux d'avoir demandé mais la pièce dans laquelle il se trouve semble si familière à l'autre que sa volonté d'avancer a été plus forte que son intégrité. Après un silence qui semble une éternité, l'autre se remet à parler :

- Oh dites, vous avez de la chance, la voix me dit que j'ai le droit de vous le dire et que...

Je : Et que ? Quoi ?

- Non rien... La deuxième information, je dois la garder pour moi et c’est un sacré scoop !… Oui bon d’accord, je ne dis rien…

Etrange personnage et en plus cachottier, c'est pourtant la première fois que « Je » se rend compte que quelque part un autre vit la même aventure, il voudrait partager ses idées avec lui, échanger, dialoguer mais celui-ci semble ne pas être très intéressé ou contraint de ne pas pouvoir le faire.
D'autant que « Je » est un peu perdu dans cette maison, il brûle le papier, il fait fondre le téléphone, il rêverait de savoir comment on peut voir ce qu'il y a dans les objets sur les étagères mais ne peut pas pour le moment, il se sent légèrement frustré.

- Bon allez, je vous le dis. « Je pense », c'est le mot de passe.

Je : « Je pense » ?... Ah oui, maintenant que vous le dites cela prend tout son sens.

« Je » sent finalement qu'il aurait compris et trouvé le mot de passe tout seul, ce n'était pas si compliqué, il se sent alors rassuré sur son intelligence.

- Vous auriez trouvé ?

Je : Oui. Peut-être pas aussi facilement que vous mais je pense que j'aurais trouvé « Je pense » !

- Ha ha ha ! Vous faites de l'humour en plus ! Bien ! Bon allez, mes idées se bousculent. Et le temps presse. Au revoir !

Je : Quoi ?! Déjà ?

Et « Je » entend un son répétitif dans le téléphone.

Je : Comment a-t-il dit déjà ? Ah oui ! Allo... AAAAllllllooooo ?

Il n'y a plus personne à l'autre bout du télé-machin. « Je » se dit que peut-être aurait t-il intérêt à croire ce que l'autre lui a dit, il a l'air de connaître son affaire. La porte IV fait son apparition et la voix prononce :

- Pour franchir...

« Je » lui coupe la parole et dit fièrement :

Je : « Je pense ». L'autre au télé-truc me l'a dit et il a l'air très calé dans ce domaine. De toute façon, c'est évident : après « Je suis », « J'ai », il faut bien que « Je pense » !

La voix s'arrête, toussote et reprend :

- Oui, bon, bien ! La prochaine fois vous me laissez finir, je vous prie ?

« Je » sourit de son impolitesse à la limite de l'affront mais constate que la voix a de l'humour.

Je : Oui, désolé, c'était juste l'enthousiasme de franchir la porte IV et puis j'ai eu des pièces dans lesquelles je me sentais plus à l'aise.

« Je » s'approche alors de la porte et attend avec impatience son ouverture. Et comme si la voix attendait qu'il se soit suffisamment approché, elle dit :

Je comprends votre malaise. Je l'ai bien entendu. Et j'autorise la porte IV à s'ouvrir.

Celle-ci s’entrouvre, et instantanément, « Je » a mal.




Les contes de Solman :
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A travers la Maison II - De l'acquisition partielle...
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lundi 5 juin 2017

Les contes de Solman : à travers la Maison II - De l'acquisition partielle...




Bonjour à vous tous, mes fidèles lecteurs et lectrices... Vous aimez les contes de Solman ? Vous avez été attendris par ce petit bonhomme qui s'éveille à la vie et va vivre une aventure au travers des 12 maisons astrologiques ?

Vous avez sans doute identifié ce que représentait ce personnage, le Soleil, notre énergie vitale, notre essence, notre volonté. Représenté dans le thème par un point au centre d'un cercle, il traduit notre besoin de devenir nous-même, notre besoin d'exprimer et de développer nos potentialités.

Le voici qui franchit la Maison II, secteur de notre thème qui représente nos possessions, acquises mais aussi héritées, tant au plan physique, matériel que psychologique. Elle symbolise également nos dons, nos ressources, nos richesses intérieures.
Dans cette maison, nous utilisons nos facultés instinctives, nous découvrons nos territoires, l'étendue et les limites de nos possessions. C'est là que nous pouvons révéler notre véritable valeur personnelle et défendre ce que nous estimons personnellement valable.

Sans plus attendre voici la suite du voyage racontée par Estelle Galliot...




De l'acquisition partielle...

« Je » se retourne afin de contempler son image une dernière fois dans le miroir de la pièce I. Après ces quelques minutes de narcissisme, il passe le seuil de la porte et entend un léger bruit derrière lui. Il fait marche arrière et observe les changements survenus sur les contours de la porte II.

Celle-ci s'est teintée de beige et, grâce à de petits tuyaux très fins, apparus au sommet de l'encadrement, s'écoulent des grains de sable. Il prend dans ses mains cette matière fine mais solide. Contrairement aux flammes de la porte précédente, « Je » peut les toucher, il peut interagir avec les grains, les sentir, les renifler, les entasser, les éparpiller. D'ailleurs, ceux-ci crépitent sous ses doigts.

« Je » s'amuse de voir que les choses deviennent de plus en plus concrètes autour de lui.
Il se doute que comme pour la première porte, c'est par son entrée dans la pièce qu'il a activé la deuxième. Il en conclut qu'à chaque fois qu'il franchira une porte, elle changera et se « réveillera », découvrant alors quelques indices sur tout ce qu'il doit savoir dans la pièce à explorer.

« Je » se dit qu'il va falloir être vigilant et bien réfléchir à tous ces signes pour pouvoir franchir peut-être une troisième, une quatrième porte... Après avoir bien répondu à la première énigme et avoir compris que les portes s'activent à son entrée, « Je » ressent de la fierté mais aussi du courage pour avancer. Il pénètre à nouveau dans la pièce II.

Elle est totalement différente de la première. A l'inverse de la salle précédente, tout y est palpable. Il peut observer la présence d'une multitude d'objets, les toucher, les prendre, les tripoter, les manipuler dans tous les sens : cela a un effet sécurisant. De plus, de quelques-uns, posés ça et là, émanent un doux parfum. L'odeur parvient aux narines de « Je » qui ressent à ce moment précis une sensation bizarre : un bruit dans son abdomen se fait entendre. Un drôle de son que « Je » n'avait jamais connu auparavant accompagné d'un picotement dans le bas de son ventre comme si celui-ci souhaitait obtenir quelque chose et se manifestait bruyamment à cette fin.

Il se dirige vers ce parfum.
Ce qui sent si bon vient d'un récipient posé sur une table, étiqueté « essence » et contenant un liquide noir coloré de violet, voire de bleu.

Je : De l'essence ? Qu'est-ce que c'est ?

Sans avoir une quelconque réponse, « Je » sait qu'il en apprécie l'odeur et met le verre à sa bouche instinctivement. Il incline celui-ci et boit tout le liquide.

Je : Que c'est bon !

Avoir avalé tout le contenu de ce récipient le revitalise, son ventre ne fait plus de bruits bizarres et il a une douce sensation de plaisir. Il décide d'inspecter la table plus attentivement. Il remarque qu'il existe beaucoup de liquides ou de petits amas très différents les uns des autres dans des assiettes. Dans un des verres, par exemple, il croit d'abord qu'il n'y a rien avant de voir qu'un liquide translucide, non odorant s'y trouve. Il teste et crache avec un profond dégoût ce qu'il vient de boire.

Je : Mais c'est immonde !

Ce liquide n'a pas de goût et lui donne la sensation d'être tout ramolli. Pour éviter la persistance de cet état, il se jette sur le premier verre contenant de l'essence et le boit d'une traite. Il va mieux. Il finit par lire l'étiquette collée sur le récipient du liquide translucide qu'il n'aime pas beaucoup : « eau ».

Je : Et bien j'éviterai cette eau la prochaine fois !

Il continue ses expériences en goûtant les différents aliments sur la table. Il y en a qu'il aime et d'autres non. Il aime par exemple l'essence, il adore l'oxygène (ça le fait se sentir plus grand), il affectionne également le bois (ça fond dans sa bouche et ça crépite ; le goût est acidulé). En revanche, il a failli s'étouffer en ingurgitant de la terre, il n'a pas apprécié l'effet du plomb qui lui reste sur l'estomac et se passera définitivement de l'eau sous toutes ses formes : bulles, vapeur, brumisateur, ...

Il se retourne pour observer le restant de la pièce. Il s'approche d'un petit tas d'objets cylindriques et scintillants.

Je : C'est magnifique ces choses brillantes !

Il essaye de mettre ces petites galettes à sa bouche mais se fait mal aux dents. Il les porte à ses narines mais elles ne sentent rien. Déçu, il n'arrive pourtant pas à détacher son regard de ces formes, si brillantes, qu'il pourrait lui-même être aveuglé. Il lit une étiquette près du coffre contenant ces galettes : « pièces de monnaie ».

Je : Mais qu'est-ce que c'est que ça, la monnaie ?

Il ne le sait pas mais s'en fiche, cette monnaie est tellement belle. Il remarque d'ailleurs que plus il s'éloigne de ces pièces moins elles brillent et qu'à son contact, elles scintillent de mille feux.
La lumière viendrait-elle de lui ?

Une nouvelle porte apparaît à ses côtés et une nouvelle fois, la voix se fait entendre :

- Pour franchir, le seuil de cette nouvelle porte, tu dois définir ce que tu as appris ici.

Paniqué, n'ayant pas pris de temps pour réfléchir, « Je » n'a pas encore d'idée sur ce que pourrait être ce monde, cette deuxième pièce. La surprise est telle qu'il ne prononce pas un seul mot ayant trop peur de se tromper et de dire n'importe quoi. Il revient vers la table, regarde à nouveau les aliments, tous les objets autour de lui, les pièces, il ne sait pas.

Je : Quel est le point commun de tout cela ?

Ce qu'il sait et ce dont il est sûr c'est qu'il aimerait bien tout prendre avec lui dans son futur voyage dans la prochaine pièce. Mais il souhaiterait aussi rester ici car de nombreuses choses lui sont utiles, lui donnent des forces, le nourrissent. Certains de ces objets sont comme faits pour lui, il serait tranquille pour profiter indéfiniment de ce qu'il a à sa disposition, sans bouger. Son impression reste que son voyage s'arrêterait un peu tôt et sa curiosité le titille. S'il le pouvait, il joindrait l'utile à l'agréable, à savoir : partir en emportant avec lui des objets de cette pièce.
                                                                                         
Un peu par hasard, il remarque sur la nouvelle porte non encore ouverte et dont il a entrevu le symbole, le "III", une sorte de petite besace sur la poignée. Ce sac, confectionné avec de la lave, a visiblement été créé à son attention, pour ses propres besoins. Il s'en saisit, retourne vers la table et prend de l'essence qu'il verse dans une fiole en acier. La voix ne réagissant pas au geste de « Je », il continue de faire ses courses en prenant de l'oxygène dans une mini bonbonne en verre et entasse quelques petites pièces au fond de son cabas. Même si lorsqu'il les touche elles deviennent brûlantes, son sac supportera la chaleur grâce à sa composition.

Il se rend vers la porte III et réfléchit sur le mot de passe.

Je : Ne pas commettre d'erreur...

« Je » sourit à l'idée qu'il vient de faire des réserves pour partir sans regrets. Il réfléchit, c'est peut-être ça : « faire des réserves » ? Ou encore « manger » ? Mais pourquoi pas « boire » ? Et les pièces de monnaie ?... Trop de choix, trop de richesses dans cette pièce, pour prendre une décision.

Puis, une illumination : le point commun de tout cela c'est « avoir » ! La première pièce était « être », là c'est « avoir » !
Il en est persuadé : « avoir » le ventre qui fait des bruits bizarres autant que d' « avoir » ce qui calme ce bruit,
« avoir » envie de prendre et se servir, se faire plaisir et « avoir » du plaisir, quant à ces petites pièces cylindriques cela doit être important mais il en ignore le but pour le moment.
Timidement, il lance :

Je : J'ai... Euh... Je possède.

Silence. Pas un bruit.

Je : Ce n'est pas cela ?

Il pense que la porte ne va pas s'ouvrir. Il va devoir arrêter sa quête, il a un sentiment de déception même s'il est vrai qu'une autre partie de lui-même est satisfaite d'être arrivée jusque là.

Finalement, la voix se manifeste :

- Bien ! Et sans hésitation cette fois-ci ! Oui, ici tu devais apprendre le « J'ai » ou encore le « Je possède ». Ce sont toutes tes richesses intérieures. En un autre mot : tes acquis. J'autorise la porte III à s'ouvrir et je t'autorise également à conserver ce que tu as pris dans ton sac.

« Je » rougit, il n'avait pas pensé à demander la permission pour prendre ces objets, la gourmandise lui ayant fait perdre un court instant les règles élémentaires de politesse. S'excusant de son acte pouvant être pris pour du vol, il remercie la voix de son indulgence.

La porte III s'ouvre et un tas de papiers vient s'écrouler aux pieds de « Je ». Il pense immédiatement que cette nouvelle pièce est très encombrée et se demande comment il va faire pour la traverser. De plus, il ne connaît pas ces petites choses plates et fines. Il s'agenouille, essaye de saisir un morceau de papier, mais celui-ci prend feu instantanément et se consume en un petit tas de poussières. Un peu honteux de l'avoir brûlé, il attend les réprimandes de la voix mais rien ne se produit. Il s'avance vers la porte et toutes les feuilles tombées à terre s'enflamment autour de lui.

Avec une légère appréhension, il se dirige vers la porte III et la franchit.


Retrouvez le premier épisode des contes de Solman :
A travers la maison I - De l'éveil solitaire

© Tous droits réservés - Estelle Galliot pour le texte
Reproduction totale ou partielle interdite sans autorisation écrite de l’auteur.
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jeudi 1 juin 2017

Les contes de Solman : à travers la Maison I - De l'éveil solitaire...





Lorsque jai commencé à étudier lastrologie, Facebook n’était pas né, il existait alors des forums d’échanges, certains plus actifs que dautres. C’est sur lun dentre eux que jai découvert  les "contes de Solman".
"Solman" était le pseudo dEstelle Galliot, qui était très active sur le forum d’A2L sur lequel elle a partagé une histoire qui m’avait réellement beaucoup plu : laventure dun petit bonhomme à la découverte des 12 maisons astrologiques composant la roue zodiacale. 

Récemment, jai contacté Estelle (retrouvée grâce à facebook) et lui ai demandé si elle serait daccord pour que je partage ces contes sur mon blog car je trouvais dommage quils restent enfermés dans la mémoire dun ordinateur. Avec une grande gentillesse, elle a tout de suite accepté et je la remercie sincèrement.  J’avais envie de partager avec vous des billets plus originaux, plus ludiques en lien avec lastrologie, et grâce à elle je vais pouvoir my consacrer. 

Régulièrement, je vous distillerai, maison par maison, l'aventure de ce petit bonhomme auquel nous pouvons nous identifier, pour que vous puissiez vous aussi découvrir et je l’espère, apprécier cette histoire. Je le répète, je n'en suis pas l'auteur, juste le transmetteur. 
Dans un style enjoué, imagé et divertissant, Estelle parvient à nous captiver mais aussi à nous faire ressentir et donc à mieux intégrer le sens de chacune des maisons. 

Les maisons sont des divisions de la terre ; chacune est une représentation dun secteur ou domaine de notre vie. Elles sont au nombre de 12 - 4 sont dites angulaires (I, IV, VII, X), 4 succédentes (II, V, VIII, XI) et 4 cadentes (III, VI, IX, XII).  Leur agencement découle de lheure et du lieu de notre naissance.  
La Maison I est la première que découvre notre petit bonhomme. Elle commence à l’Ascendant, qui indique le point qui se lève à l’horizon Est, à l’instant où on pousse notre premier cri ; elle se termine à la cuspide (la pointe) de la Maison II.

 
La Maison I symbolise le Moi, notre identité, notre individualité, notre corps physique, le véhicule terrestre que notre Ame a choisi pour sincarner.
C’est là où on naît (EST), le commencement, notre départ dans la vie. Ce secteur indique le type d'expérience à travers lequel nous aurons le plus de chances de découvrir qui nous sommes en tant qu'individu unique.



De l'éveil solitaire...


Un petit bonhomme assis, seul au milieu de nulle part, vient de se réveiller. Autour de lui, tout n'est qu'obscurité, vide et ténèbres. Il observe les alentours ; tout est noir. Très vite, un sentiment de solitude s'empare de lui. L'incompréhension et l'étonnement face à une telle situation laissent place rapidement à une forte panique. Angoissé, terrorisé, il se lève tout en espérant un signe, une lumière, la présence d'une vie. Mais il n'y a rien que le néant. Pas un seul objet, une seule âme, tout n'est que vide.

Il se recroqueville sur lui-même lorsque, comme pour exaucer ses prières, une porte apparaît près de lui. Celle-ci surgit tellement brusquement et sans signe avant-coureur que sa peur s'amplifie. La porte est si immense que ce petit bonhomme a l'air d'un microbe. Il est terrifié et instinctivement, recule.

Comme si la porte était douée d'une intelligence propre, elle ne lui laisse guère le temps de se poser des questions et elle s'entrouvre dans un énorme vacarme, obligeant le petit bonhomme à se couvrir les oreilles. Il est maintenant tétanisé, son corps refusant de bouger. Il reste debout, tentant de se faire le plus insignifiant possible, espérant que rien d'autre ne se produise.




Son cœur bat si vite que, si une autre surprise de ce genre survenait, il risquerait la crise cardiaque. Mais, fort heureusement pour lui, rien de plus n'arrive. Le temps passe, la porte est là, statique, entrouverte. Elle semble lui proposer un choix : celui de rester dans l'obscurité, seul face au vide ambiant ou celui d'une potentielle découverte d'une autre situation. Il se demande si ce n'est pas une sorte d'invitation à un voyage où tous les espoirs seraient permis. Peut-être y a-t-il une vie derrière cette porte ? Quelqu'un à qui parler ? Un ami peut-être ?

- Il y a forcément quelque chose !

Le petit bonhomme décide de s'approcher doucement de la porte. Il se penche et tente un regard dans l'embrasure mais il ne voit rien. Fait-il aussi noir derrière cette porte ? N'y a-t-il rien de l'autre côté ? Il semblerait pourtant qu'il y ait de la lumière mais celle-ci est tellement lointaine qu'il n'est pas sûr de son existence.

Il regarde à nouveau autour de lui, peut-être y a-t-il un indice ou quelque chose à repérer, ou encore un piège à éviter ? Non, rien que cette immensité noire et la porte. Malgré sa peur, il se décide définitivement à la passer. Il prend son élan et d'un pas peu assuré franchit les quelques mètres qui le séparent du seuil. Il s'arrête net lorsqu'il aperçoit un symbole étrange. Il l'observe attentivement. Il ne l'avait pas remarqué auparavant, mais il y a bien quelque chose d'écrit, à sa hauteur, droit devant lui, le symbole "I".

Il se retourne encore une fois au cas où sa découverte aurait modifié quelque chose dans les ténèbres l'entourant et, ne constatant toujours rien, pris par un élan de courage soudain, entre dans la pièce. Il ressort aussitôt par crainte de l’inconnu. Mais malgré des battements de cœur toujours aussi rapides, il se lance à nouveau. 



Dès son passage de l'autre côté, il entend un bruit ressemblant au déclenchement d'un feu dans son dos. Il fait volte-face immédiatement et retraverse l'entrée. Il a le sentiment que son action a eu une incidence sur les lieux qu'il venait pourtant de laisser derrière lui. Le son entendu, la sensation de chaleur, quelque chose semble différent. Revenu à son point de départ, il constate avec une certaine fierté que son raisonnement était juste : les contours de la porte se sont transformés. Ils sont maintenant d'un beau rouge vermillon et, de quelques interstices, tourbillonnent de petites flammèches.

- Comme c'est beau !

En s'avançant près de ces flammes, il remarque qu'elles ne le brûlent pas, elles émettent de la chaleur certes, mais il ne sent rien. Ayant le sentiment éphémère d'une certaine invulnérabilité, il décide qu'il ne sert à rien d'avoir peur et sans vouloir retourner en arrière, encore et encore, franchit définitivement le seuil de la porte, court jusque dans la nouvelle pièce et s'arrête, fier de lui.

Finalement de l'autre côté de l'ouverture, il s'aperçoit que sur toute la largeur d'un mur se trouve une multitude de petites flammèches comme sur le pourtour de la porte. Elles dansent. Il se déplace pour les voir de plus près, elles l'imitent. Surpris de la rapidité avec laquelle elles foncent sur lui, sa sensation de peur refait surface et instinctivement, il préfère faire marche arrière. Elles font de même. Il en conclut qu'il n'est pas le seul à connaître ce sentiment de crainte. Cela le rassure et il décide, pour montrer son intention amicale, de sauter sur place, pour les amuser. Il espère les faire sourire et ainsi évacuer leurs stress mutuels. Les petites flammes font des bonds à leur tour.

- Super !

Il s'assoit, elles se posent et attendent. Il entame alors un roulé boulé sur le côté et les petites flammèches font comme lui. Il rit, elles aussi. Il n'a plus peur, il y a bien autre chose derrière la porte, plus de noir, plus de ténèbres, une possibilité de vie existe. A cette pensée, la porte se ferme. Il pose un regard sur celle-ci puis sur les flammes et fait une dernière galipette, elles font de même. Il veut jouer, elles aussi.
Une petite compétition s'installe : et s'il arrivait à les surprendre ? S'il était plus rapide qu'elles ? Pour essayer, il court, stoppe net, puis repart, roule, danse, saute, s'écroule, feinte à gauche et part à droite. Rien n'y fait, elles n'ont jamais un temps de retard. Ce jeu est amusant, il continue. Il fait semblant d'être dépité comme lassé de sa propre agitation mais effectue un demi-tour sur lui-même rapidement. Il n'y a vraiment rien à faire, il n'arrive pas à les tromper, elles sont redoutables à ce jeu improvisé ; il ne gagnera pas.
Il se décide alors à formaliser leur rencontre en avançant vers elles. Elles ont eu visiblement la même idée au même moment : elles s'avancent. En conséquence, elles grossissent dangereusement et deviennent tellement impressionnantes que la terreur reprend le petit bonhomme. Il s'arrête. Il observe et constate très vite qu'elles se sont arrêtées également. 
Cela le conforte dans son idée initiale : elles le craignent aussi. Il reprend sa marche. Au fur et à mesure qu'elles se rapprochent de lui, l'angoisse disparaît au profit d'une certaine admiration pour leur beauté. Plus qu'un petit mètre à faire et il pourra enfin se lier d'amitié, ne plus être seul. Il leur sourit, elles l'imitent. De plus en plus confiant, il marque le pas pour les rejoindre.

Mais soudain, sa tête se heurte à quelque chose et il tombe en arrière. Il les regarde, sonné par le coup qu'il vient de recevoir. Quel est ce tour qu'elles se sont amusées à lui jouer ? Réprimant une colère naissante, il observe attentivement la réaction de ces potentielles amies. Il voit qu'elles ont trébuché également et qu'elles ont manifestement très mal. De plus, elles le regardent curieusement, elles semblent croire qu'il est responsable de cette situation. N'ayant rien à se reprocher, il se dit qu'ils ont du se cogner mutuellement sans s'en apercevoir. Il se relève, elles aussi. Il décide de repartir à leur rencontre. Mais de la même façon que précédemment, il se retrouve bloqué par quelque chose et tombe de tout son poids sur le sol. Elles aussi.

C'est à ce moment qu'il remarque dans le prolongement de ses pieds, une ligne qui longe toute la pièce. Il veut faire part de sa découverte aux flammes amies mais elles lui font les mêmes gestes de surprise. Il tente alors de leur parler :

- Euh... Bonjour !

Elles ont eu le même raisonnement : elles ont la bouche ouverte mais aucun son ne sort ; il n'entend rien. Elles restent immobiles, dans l'attente. Il s'avance alors doucement jusqu'à la ligne et constate qu'il ne peut aller plus loin. Il se heurte à une surface plane, très lisse. Il regarde les flammes et alors qu'elles semblent toutes proches de lui et qu'il essaye de les toucher, il ne sent que cette paroi froide. Il retouche. A cette deuxième tentative, la surface devient plus chaude. Une troisième fois et il est sûr qu'il va pouvoir entrer en contact avec les flammes. Il sourit de les voir faire exactement la même chose pour le rejoindre plus rapidement. La surface devient brûlante à la quatrième tentative et fait un drôle de bruit, une sorte de grincement. De toute évidence, cette paroi ne supporte pas qu'il la touche. Il décide alors de continuer, son entêtement payera sûrement à un moment donné.

L'imitant toujours, les flammes finissent par se brûler au même moment que lui. Ne se décourageant pas, il retente une dernière fois, et, miracle, un bout de la surface se met à craquer. Un minuscule morceau de la paroi tombe en un petit tas de sable. De leur côté, les flammes ont pu observer la même chose. 
Il s'assoit, un peu dépité de ne pas pouvoir communiquer avec ses copines et fixant ce bout de matière à terre, constate l'existence d'un même petit bout de matière de l'autre côté. Il est étrangement identique au sien, dans son aspect et sa forme très particulière. Il pointe du doigt les deux monticules pour montrer aux flammes leur similarité. Elles le savent déjà et lui font les mêmes signes. 


Lui vient alors une idée, une fulgurance. Que les flammes l'imitent, c'est possible, c'est un jeu... Mais qu'un petit morceau de matière imite un autre morceau de matière, c'est assez improbable. 
Et si ?...
Il se redresse afin de prouver sa théorie naissante. Il tourne sur lui-même, ouvre la bouche, lève les bras, replie une jambe et constate que les flammes font exactement les mêmes gestes dans le même timing. 
Et si ?...
Il se retourne, se plie en deux, joue à faire le monstre, elles l'imitent toujours à la seconde prêt. 
Et si ?...
Il regarde autour de lui, recule et s'avance. 
Et si ?...
Elles connaissent parfaitement ses intentions au moment même où l'idée germe dans sa tête ?... 
C'est impossible. 
Sauf si ?...
Sauf si ces flammes qui l'imitent, qui jouent avec lui, qu'il ne peut toucher, qu'il ne peut entendre, c'était lui ?...
Et si c'était...
- MOI !

Un bruit retentit au fond de la pièce, il se tourne vers ce son et à sa grande surprise, une autre porte se tient devant lui. N'étant pas là l'instant d'avant, la situation lui apparaît de nouveau étrange. Mais malgré ce changement, le petit bonhomme décide de garder son calme, il se regarde de nouveau dans la surface lisse et sourit. Il en est sûr maintenant, les petites flammes et lui ne font qu'un. Il se trouve d'ailleurs magnifique. Est-ce son regard qui a quelque chose de princier ou sa carrure simplement majestueuse ? Il ne le sait pas mais il apprécie fortement son image.

Toutefois la fierté ressentie grâce à sa trouvaille, et au résultat de celle-ci, disparaît vite et un sentiment de déception le surprend : il est toujours tout seul. Bien qu'insatisfait, il s'avance vers la porte récemment apparue. Tentant de se motiver, il se dit qu'il rencontrera peut-être quelque chose ou quelqu'un par la suite. Ainsi, il observe mieux cette nouvelle ouverture potentielle et est ravi de remarquer la présence d'un autre symbole "II". 

Y aurait-il une suite logique ?

Une voix se fait entendre :
- Pour franchir le seuil de cette nouvelle porte, tu dois définir ce que tu as appris ici.

Interloqué non seulement par ce qu'il entend mais aussi par la question, il est toutefois heureux de constater qu'il n'est plus seul. Il parvient à articuler :
- Mais qui, que... Qui êtes-vous ?

La voix parle de nouveau en éludant sa question :
- Pour franchir le seuil de cette nouvelle porte, tu dois définir ce que tu as appris ici.

Il ne comprend pas. Définir quoi ? Et à qui appartient cette voix ? Il réfléchit, se remémore tout ce qu'il vient de vivre. Comment définir ce qu'il a appris ici ? Il bafouille :
- Je... Je...
Il a peur, il n'arrive pas à trouver ses mots, il veut exprimer tout ce qu'il a vu et découvert mais rien de compréhensible ne sort de sa bouche.
- Moi... Enfin, les flammes... Enfin pareil, quoi !... Euh... Je...

Et sans lui laisser le temps de reformuler son idée, la voix lui répond :
- Bien ! Ce que tu as appris ici est le « Je » ou encore le « Moi ». J'autorise donc la porte à s'ouvrir.

- Bien sûr, c'était si simple à formuler. C'est une telle évidence : oui, je suis « Moi » !

Se sentant alors en pleine confiance et ne se souciant guère de ce qui pourrait se produire de l'autre côté, « Je » franchit la porte.



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